ConseilsPour les auteurs

Écrire un roman | 13 erreurs à éviter

13 erreurs à ne pas commettre dans un roman.

Je n’ai jamais aimé les méthodes d’écriture. D’une part, parce qu’il s’agit d’un art, et non d’une science. D’autre part, parce que c’est une démarche personnelle – une passion qui se décline comme des paires de chaussettes. Dans la pratique, chacun est libre de se chausser comme il le souhaite. Les formations d’auteurs peuvent charmer, tout ce qu’elles parviennent à faire sortir du panier, c’est votre argent. Le talent, lui s’acquiert à force de persévérance (voir mon autre article : 10 conseils pour devenir un meilleur écrivain). C’est pourquoi, je persiste à croire que chercher la motivation – dans le développement personnel par exemple – est la clé du succès. Discipline, patience et optimisme nous aident à accepter nos erreurs, et donc, nous entraînent à nous améliorer.

Je ne prétends pas pouvoir apprendre à bien écrire à qui que ce soit, cependant, il y a de ces maladresses qui ponctuent de nombreux récits et qui sautent tout de suite aux yeux tels d’ignobles caractères gras. Nous pouvons retrouver ces erreurs dans de nombreux livres à succès, mais c’est surtout l’accumulation qui peut porter préjudice. Une, ça passe, à partir de deux, ça devient un problème.

Comme je l’ai dit plus haut, je ne crois pas aux méthodes d’écriture, je crois surtout au style d’écriture (voir article). Je pense que la meilleure démarche pour nous améliorer, à part écrire et lire toujours plus, est de prendre conscience de ses faiblesses – de réaliser ses erreurs. C’est bien pour cela qu’il est tout aussi instructif de lire de très mauvais livres, comme de très bons. Se rendre compte de ce qu’il ne faut pas faire, c’est apprendre à mieux faire.

Voilà pourquoi je dresse cette liste de 13 erreurs à ne pas commettre dans un roman – parce qu’elles peuvent faire partie de vos faiblesses. (Il y en a beaucoup plus, mais je les évoquerai dans de prochains articles. Chaque chose en son temps…)

13 Erreurs à ne pas commettre dans un roman (liste non exhaustive) :

 

1/ Qualifier les émotions plutôt que de les montrer.

Des poings serrés ou des larmes qui roulent valent bien mieux qu’un Nom en colère ou triste.

 

2/ Faire de son héros l’élu d’une prophétie.

Ou comment piétiner la psychologie des personnages pour assurer l’intrigue – le truc facile que personne n’aime.

 

3/ Écrire des descriptions trop longues.

Tous les lecteurs ont arrêté de lire votre livre quand vous avez commencé à décrire les chaussettes de votre protagoniste.

 

4/ Écrire son roman à la première personne du singulier, au présent, alors que rien ne le justifie.

Trop immédiat, très limité, cette facilité narrative convient principalement aux formats courts ou aux témoignages, et c’est uniquement là qu’elle trouve son charme.

 

5/ Expliquer la biographie du personnage.

On se fiche du tonton alcoolique écrasé par un camion, ou du doudou Dumbo perdu dans le métro. Franchement, si ça ne s’avère pas utile à l’intrigue, alors vous ne faites que colorier en dehors des lignes.

 

6/ Le passé des personnages n’a aucune influence sur le récit.

Pas de passé, pas de psychologie, pas de personnage, pas de chocolat. CQFD. 

 

7/ Interrompre le récit pour décrire le passé d’un personnage.

Ou comment se la jouer Inception en imbriquant une histoire dans une histoire. Le lecteur veut la suite de la trame principale, arrêtez de le torturer avec les années juvéniles de votre protagoniste. 

 

8/ Ne pas adapter les dialogues au caractère des personnages et à leur état émotionnel.

C’est que c’est vraiment bon ce machin-là ! s’exclama Jean-Édouard, le petit aristocrate accablé par la mort de sa mère.

 

9/ Décrire les lieux uniquement pour planter le décor.

MAIS ON S’EN BALANCE DE LA TUILE DE TRAVERS DE LA GRANDE TOUR DE VOTRE CITADELLE ! ON S’EN BALANCE !!!

Dites vous bien une chose, si ça ne sert pas à l’intrigue, alors c’est en trop.

 

10/ Réduire ses personnages à un seul trait de caractère.

Le gentil, l’humoriste, le timide… Personne n’est aussi simple. Imaginez si la psychologie d’un chacun ne se limitait qu’à un trait de caractère…

 

11/ Enchaîner les répétitions.

Toujours vérifier les répétitions dans son manuscrit. Un même mot peut parfois se retrouver 5 fois dans une même page – preuve d’un manque de vocabulaire, mais aussi de style.

 

12/ Enchaîner plusieurs phrases de longueurs similaires (rythme monotone).

L’écriture, c’est comme la musique. On ne joue pas la même note plus de 3 fois de suite.

 

13/ Faire parler ses personnages pour ne rien dire.

Je déteste, mais alors, je déteste ça ! Les romans modernes en abusent comme si les auteurs cherchaient à remplir le plus de pages possible.

-Ça va?

-Oui et toi, ça va?

-Oui, super. Qu’est-ce que t’as fait dimanche ?

-Oh, pas grand chose…

Dans ma tête ça ressemble à ça :

-Blip.

-Blop, blop.

-Blip, blip, blip ?

-Blop.

 Franchement… Jetez votre ordinateur par la fenêtre la plus proche. Si le dialogue ne sert pas à l’intrigue, alors il ne sert à RIEN !

Bonus : Tous vos personnages honorent votre héros sans aucune raison.

Léchez-lui les bottes, c’est le protagoniste ! Pliez les genoux, courbez l’échine ! Le lecteur doit comprendre qu’il est tout puissant et que tout le monde l’admire !

 

Hum, c’est comme ça que je le vois.

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